Comment fonctionne l'audition ? Le voyage d'un son, de l'oreille au cerveau

Y Yann PAISIN 8 octobre 2026 9 min de lecture

Une voix, une musique, le chant d'un oiseau : tous ces sons font en une fraction de seconde un étonnant voyage. Ils traversent trois parties de l'oreille, sont transformés en signaux électriques, puis interprétés par le cerveau. Comprendre ce chemin, c'est comprendre pourquoi l'audition baisse avec l'âge, pourquoi le bruit l'abîme, et comment les aides auditives peuvent la compenser. Voici l'audition expliquée simplement.

Schéma de l'oreille en coupe : oreille externe (pavillon et conduit auditif), oreille moyenne (tympan, marteau, enclume, étrier) et oreille interne (cochlée, canaux semi-circulaires, nerfs auditif, vestibulaire et facial)
Les trois parties de l'oreille : externe, moyenne et interne.

Qu'est-ce qu'un son ?

Un son est une vibration de l'air. Quand quelqu'un parle, ses cordes vocales font vibrer l'air, et ces vibrations se propagent jusqu'à nous, un peu comme les ronds dans l'eau autour d'un caillou. Deux caractéristiques décrivent un son :

0 dBSeuil d'audition d'une oreille jeune
30 dBChuchotement, bibliothèque
60 dBConversation normale
85 dBRue très passante : risque en cas d'exposition prolongée
100 dBConcert, discothèque
120 dBSeuil de la douleur

Pourquoi les aigus comptent tant ? Les voyelles (a, o, ou) sont plutôt graves et portent l'énergie de la voix. Les consonnes (s, f, ch, t) sont aiguës et portent… le sens des mots. Quand les aigus disparaissent, on entend que l'on parle, mais on ne comprend plus bien ce qui est dit.

1L'oreille externe : capter le son

C'est la partie visible. Le pavillon (l'oreille que l'on voit) fonctionne comme une antenne parabolique : ses reliefs captent les sons et nous aident à savoir d'où ils viennent, devant, derrière, en haut ou en bas.

Le son s'engouffre ensuite dans le conduit auditif, un tunnel d'environ 2,5 cm. Sa forme renforce naturellement les fréquences autour de 2 000 à 4 000 Hz, justement celles de la parole. Le conduit fabrique aussi le cérumen, qui le protège des poussières et des infections : il s'évacue tout seul, et le coton-tige a plutôt tendance à le tasser au fond, jusqu'à former un bouchon.

2L'oreille moyenne : amplifier

Au bout du conduit, le son rencontre le tympan, une fine membrane qui se met à vibrer comme la peau d'un tambour. Derrière lui, dans une petite cavité remplie d'air, se trouvent les trois osselets, les plus petits os du corps humain : le marteau, l'enclume et l'étrier (environ 3 mm).

Ils forment une chaîne qui transmet les vibrations du tympan vers l'oreille interne et les amplifie. Pourquoi ? Parce que l'oreille interne est remplie de liquide, et qu'un son passe très mal de l'air à l'eau (comme quand on plonge la tête dans une piscine). Les osselets compensent cette perte en concentrant l'énergie sur une toute petite surface.

L'oreille moyenne est reliée à l'arrière du nez par la trompe d'Eustache. Elle équilibre la pression de part et d'autre du tympan : c'est elle qui « débouche » vos oreilles quand vous avalez en avion ou en montagne.

3L'oreille interne : transformer le son en message nerveux

C'est ici que la magie opère. L'étrier fait vibrer le liquide contenu dans la cochlée, un organe en forme d'escargot de la taille d'un petit pois. Déroulée, elle mesurerait environ 3,5 cm.

À l'intérieur, environ 15 000 cellules ciliées par oreille, surmontées de minuscules « cils », bougent au passage de la vibration et la transforment en signal électrique. Chaque zone de la cochlée est spécialisée : l'entrée réagit aux sons aigus, le sommet de l'escargot aux sons graves. C'est un véritable clavier de piano enroulé sur lui-même.

À savoir. Chez l'être humain, les cellules ciliées ne se régénèrent pas. Une cellule détruite par l'âge ou par le bruit est perdue définitivement. C'est pourquoi il est si important de protéger ses oreilles, et d'agir tôt quand l'audition baisse.

L'oreille interne abrite aussi le vestibule et les trois canaux semi-circulaires. Ils ne servent pas à entendre, mais à l'équilibre : ils détectent les mouvements et la position de la tête. Voilà pourquoi certains troubles de l'oreille interne s'accompagnent de vertiges.

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4Le cerveau : c'est lui qui entend

Le signal électrique part de la cochlée par le nerf auditif et rejoint le cortex auditif, dans le cerveau. C'est lui qui reconnaît une voix, comprend les mots, repère d'où vient un bruit et fait le tri entre ce qui est important et ce qui ne l'est pas.

On dit souvent que l'on entend avec les oreilles, mais que l'on comprend avec le cerveau. C'est lui qui vous permet de suivre une conversation au restaurant malgré le brouhaha. Quand il reçoit moins d'informations, il doit fournir beaucoup plus d'efforts pour combler les trous : d'où la fatigue ressentie après une journée d'écoute difficile.

Le cerveau s'adapte aussi à ce qu'il ne reçoit plus : au bout de quelques années sans certains sons, il en « perd l'habitude ». C'est l'une des raisons pour lesquelles un appareillage précoce donne de meilleurs résultats.

Pourquoi l'audition baisse-t-elle ?

La perte auditive est très fréquente : elle concerne une part importante de la population, et la grande majorité des personnes après 65 ans. On distingue deux grandes familles :

Perte de transmission

Le son arrive mal jusqu'à l'oreille interne : bouchon de cérumen, otite, tympan abîmé, osselets qui se bloquent (otospongiose). Elle se soigne souvent par un traitement médical ou chirurgical, d'où l'importance de consulter un médecin ORL.

Perte de perception

La cochlée ou le nerf auditif sont touchés. C'est le cas de la presbyacousie, l'usure naturelle liée à l'âge, et des dégâts causés par le bruit. Elle est définitive, mais les aides auditives la compensent très bien.

Les principales causes sont l'âge, l'exposition au bruit (travail, musique, bricolage), certaines maladies (diabète, maladies cardiovasculaires), certains médicaments et l'hérédité. La presbyacousie touche d'abord les aigus : on entend encore bien les voix, mais on les comprend moins bien, surtout dans le bruit. Pour aller plus loin, lisez les 7 signes qui doivent vous pousser à faire un bilan auditif.

Comment protéger son audition

  1. Baissez le volume de vos écouteurs : pas plus de 60 % du volume maximal, et pas plus d'une heure d'affilée.
  2. Protégez vos oreilles dans les environnements bruyants : concerts, bricolage, tondeuse, travail en atelier. Des protections sur mesure sont confortables et discrètes.
  3. Faites des pauses au calme après une exposition au bruit, pour laisser l'oreille récupérer.
  4. N'utilisez pas de coton-tige dans le conduit auditif.
  5. Faites contrôler votre audition régulièrement, surtout à partir de 50 ans, ou dès qu'un proche vous fait remarquer que vous faites répéter.

À retenir. L'oreille capte, amplifie et transforme le son ; le cerveau le comprend. Les cellules de l'oreille interne ne se renouvellent pas : les protéger et agir tôt en cas de baisse, c'est préserver durablement sa qualité de vie. Au cabinet Audition Paisin, le bilan auditif est gratuit et sans engagement.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre entendre et comprendre ?

Entendre, c'est percevoir un son ; comprendre, c'est l'interpréter. Avec une perte dans les aigus, on perçoit encore la voix mais on distingue mal les consonnes : on entend sans bien comprendre, surtout dans le bruit.

Les cellules de l'oreille peuvent-elles repousser ?

Non, chez l'être humain les cellules ciliées de la cochlée ne se régénèrent pas. Une perte de perception est donc définitive, mais elle peut être très bien compensée par des aides auditives.

Pourquoi a-t-on les oreilles qui se bouchent en avion ?

La pression de l'air change vite et la trompe d'Eustache n'a pas le temps d'équilibrer la pression derrière le tympan. Avaler, bâiller ou mâcher aide à l'ouvrir et à « déboucher » les oreilles.

À partir de quel volume le bruit est-il dangereux ?

Le risque commence vers 80 à 85 dB en cas d'exposition prolongée, et devient rapide au-delà de 100 dB (concerts, discothèques). Plus le son est fort, plus la durée d'exposition sans danger est courte.

Faut-il une ordonnance pour faire un bilan auditif ?

Non, le bilan auditif chez l'audioprothésiste se fait sans ordonnance. En revanche, une prescription d'un médecin est nécessaire pour la prise en charge d'un appareillage par l'Assurance maladie.

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Yann PAISIN

Audioprothésiste D.E.

Audioprothésiste diplômé d'État, Yann PAISIN exerce depuis 2 ans à Vendargues (34740). Spécialisé dans l'appareillage personnalisé et le suivi long terme, il accompagne ses patients à chaque étape : bilan, choix de l'appareillage, réglages et contrôles réguliers.